Vous avez aimé le récit de Grenouille, dans Le Parfum de P. Suskind? Car le personnage de Robert Merle, Rudolph Lang, est un monstre à sang froid. Dans la vraie vie, il s'appelait Rudolph Hoess et était commandant du camp d'Auschwitz. Grâce à son ingéniosité et à son sens pratique, il a fait de ce camp un modèle de productivité en terme d'abattoir humain. Taylor et Ford peuvent aller se rhabiller : tout avait été pensé en terme de rapidité d'exécution, de mise en condition psychologique, ou encore de récupération (ce qu'on appellerait du recyclage de nos jours). Ce qui nous semble "acquis" à nous autres les descendants de la seconde guerre mondiale, a été une œuvre impressionnante de créativité et d'ingéniosité pour une destruction de masse : c'est la force de ce livre. A sa lecture, il y a comme un déclic qui se fait : "mais bon sang, ce camp, c'est vraiment une œuvre impressionnante de...!... de...!...".
En dehors de sa portée historique, le récit est aussi impressionnant du fait qu'il est écrit du point de vue du personnage central. Une véritable gageure pour l'auteur, un rôle de composition qu'il tient à merveille jusqu'à la fin.
Enfin, si vous avez en tête l'acteur Ralph Fiennes, qui joue le rôle d'un autre commandant de camp de travail dans La Liste de Schindler, sachez qu'on est encore loin de l'inhumanité d'un Rudolph Lang...














