Brodeck est revenu d’où personne ne revient.
Il a survécu à l’enfer sur terre, et pense pouvoir revenir à
une vie « normale ». C’est compter sans sa mémoire, indomptable et
infatigable.
Mais la guerre ne fait pas qu’exterminer des peuples,
« elle ravage et révèle » aussi. Et son village, perdu dans les
montagnes, accepte mal qu’un étranger, surnommé « l’Anderer »,
s’installe à demeure en son sein. Cet homme observe, comprend, ne se lie
qu’avec les quelques belles âmes qui ont survécu. Dont Brodeck. Ce qui lui
attire les foudres des habitants, leur rage destructrice ayant trouvé de
nouveau un bouc émissaire.
Attention chef d’œuvre : Philippe Claudel parle des
camps, de l’amour, de la peur, de l’ignorance. Le contexte historique ne sert
qu’à aviver l’intemporalité de nos comportements humains. Ce village n’est pas
éloigné du nôtre.
Ce qui fait qu’on garde un livre dans notre bibliothèque, ce
sont les moments de grâce que l’on vit en le lisant. Par grâce j’entends une
phrase écrite et qui a un écho en nous. Ce qui en pensée se traduit par
« comment a-t-il réussi à écrire avec autant de précision/ beauté/
acuité ? ». Et je me suis arrêtée à plusieurs reprises pour savourer
ces moments là, relire certaines phrases. J’ai gardé Le rapport dans ma
bibliothèque.

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